

PAR SAMUEL PETIT
cambrai@lavoixdunord.fr Que l'on soit croyant, athée, pratiquant, agnostique, une rencontre avec le père Dussart ne laisse jamais indifférent. Son regard détaché sur le monde, sur la foi, sur l'Église, rompt avec la démagogie et sonne souvent juste, Quelques minutes suffisent pour cerner le personnage, comprendre qu'il est sciemment atypique, malgré un « parcours » traditionnel. C'est à l'âge de 11 ans que Michel - adolescent un tant soit peu impertinent -, confia à sa maman son intention d'être prêtre. « Il va falloir que tu sois sage et que tu travailles un peu plus », lui conseilla-t-elle à l'époque. Il s'y attela, fort de profondes convictions, et devint prêtre le 22 mars 1958 à Cambrai - il y a cinquante ans déjà. « C'est une belle aventure, un engagement. Comme le mariage. Je n'ai pas choisi cette vocation, j'ai été appelé... » Au lendemain de son ordination à Cambrai, le père Dussart est nommé vicaire à la paroisse du Sacré-Coeur de Denain pour trois ans, puis il devient missionnaire interdiocésain, sorte de ministre de la Bonne Parole dans la région. En 1982, il est accueilli à la paroisse Saint-Géry de Cambrai. « Je me suis demandé à mon arrivé si j'allais m'adapter à cette vie plus stable... Je m'interrogeais et finalement, je suis resté vingt ans !
» Des années d'engagement et de liberté à la fois. La dualité peut surprendre mais le père Dussart revendique une liberté de ton et de conscience qui l'autorise à donner un avis sans détour sur l'Église - n'en déplaise aux puristes. « J'ai été élevé par des parents chrétiens puis au séminaire dans un certain type d'Église, où tout était strict, trop strict même, où tout était interdit. Mais je voulais à tout prix être prêtre, alors j'ai pris "le paquet"... »
C'était avant le deuxième concile oecuménique du Vatican, en 1962, un des événements marquants de l'histoire de l'Église catholique symbolisant son ouverture à la modernité. Une date importante également pour l'abbé Dussart, qui ne cache pas avoir également été influencé par la philosophie des Lumières. Communiquant averti, il est aussi aux yeux des Cambrésiens un citoyen engagé dans la vie associative, connu et reconnu : membre de plusieurs associations culturelles et sociales (Société d'émulation, Rotary Fénelon, Amis du Musée...), Michel Dussart est un fervent défenseur du patrimoine local, attaché à la ville, à ses traditions et à son histoire. Ce n'est pas un hasard si, en son temps, Monseigneur Delaporte, ancien archevêque du diocèse, lui confia une mission de recherches pointues sur le personnage de Fénelon, l'un de ceux qui fait de l'adolescent un peu impertinent un homme sage et libre.
> Le père Dussart fête son jubilé ce dimanche lors de la messe de 10 h 45 à l'église Saint-Géry.
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